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Grandes surfaces et le pari du local

Simple tendance ou réelle pérennisation?

On entend de plus en plus les grandes surfaces exprimer leur volonté de se tourner davantage vers des produits locaux. En effet, la crise sanitaire a poussé une grande partie des français à repenser leur consommation, et notamment leur consommation alimentaire.

C’est donc dans cette nouvelle voie que pourraient se lancer la grande distribution. Au-delà de la tendance passagère, quelles pourraient être les conséquences d’un tel changement structurel ?

Certaines chaînes de supermarché ont, depuis plusieurs années parfois, œuvré afin qu’une partie des marchandises proposées proviennent d’un périmètre restreint.

Auchan a par exemple annoncé que d’ici 2022, 20% des produits proposés en magasin proviendraient de partenaires locaux. Mais pourtant, l’hypermarché Auchan situé à Grande-Synthe assure que ce n’est pas une nouveauté, ayant signé son premier partenariat local en 1974, lors de son ouverture. Le confinement n’aurait pas accentué cette tendance. Par conséquent, bien que l’intention soit noble, la parole de ce grand groupe ressemblerait davantage à un effet d’annonce qu’à une réelle révolution.

Mais il faut aussi se questionner sur les implications d’un tel revirement de bord, qu’elles soient côté consommateur ou côté producteur.

Des études ont montré que les grandes surfaces réalisent des marges entre 30% et 40% sur les produits vendus.

Ainsi, bien que la vente en grande surface représente une opportunité pour le producteur de gagner en visibilité et augmenter le volume de ses ventes, le risque est que les grandes enseignes lui imposent un prix d’achat toujours plus bas, afin de s’assurer une telle marge.

D’autre part, la crise économique liée au COVID-19 a touché la plus grande majorité des foyers. Bien que certains possèdent la volonté de choisir des produits locaux au sein des grandes surfaces, leurs choix restent bien souvent guidés par leur porte-monnaie.

Afin que ce mouvement représente un réel changement positif, il faudrait que la grande distribution accepte de réduire ses marges, afin que les consommateurs bénéficient d’un prix plus avantageux, tout en garantissant au producteur une rémunération digne de son travail. Malheureusement, cela semble aujourd’hui bien utopique.

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